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Bonne lecture,
Martin Mercier
Ce blogue s’adresse à toute personne se passionnant pour l’écriture ou désirant explorer davantage cette forme d’expression artistique. Il y sera question de toutes les joies qu’on peut puiser dans cette pratique, mais aussi de tout ce qui peut rendre notre expérience de l’écriture plus satisfaisante et enrichissante. Des exercices, trucs et stratégies de rédaction seront souvent proposés.
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samedi 8 février 2014
lundi 1 juillet 2013
Allégorie et personnification : l’exemple du Sourire
En tant que figure de style, l’allégorie est une forme de métaphorisation à grande échelle qui se
manifeste souvent sous les traits de la personnification.
C’est-à-dire qu’une réalité abstraite : une
notion (la démocratie, la simplicité volontaire), une valeur (la justice, le
courage), un sentiment (la compassion, l’inquiétude, la colère) peuvent adopter
des caractéristiques humaines, et s’adresser à nous comme s’il s’agissait de
personnages en chair et en os, chacun doté d'une conscience et d'un discours qui lui soient propres.
Un procédé analogue permet également de faire d’une chose
concrète, d’ordinaire inanimée, dénuée de pensée ou de volonté, une entité
possédant une sorte de vie autonome et des attitudes caractéristiques d’un
personnage humain.
Par exemple, qu’en est-il si le sourire devenait le protagoniste d’une histoire, et qu’il se
mettait à nous raconter sa vie, comme dans le petit texte qui suit ?
LE SOURIRE
« Détrompez-vous sur mon compte, disait le Sourire à qui voulait bien l’entendre, un rictus au coin des lèvres... Vous avez cru
me voir naître sur son visage, à elle ; ou sur le sien, à lui, quand il a vu qu’elle
aussi m’avait adopté... Vous avez songé que tout venait de commencer. Ici, maintenant,
comme ça. Avec la naissance d'un sourire...
Il n’en est rien !
J’ai vu le jour il y a si longtemps ! En cette occasion,
depuis toujours oubliée, où le plus lointain de vos lointains ancêtres, au moment de
boire, m’a esquissé. Et s’est vu pour la première fois sourire dans l’eau troublée par le mouvement brusque
de sa main vers sa bouche asséchée. A-t-il souri d’avoir enfin pu rassasier sa soif
? Ou d’amusement, à la vue de cette bête inquiète et tourmentée, étrange reflet de lui-même
qui s’émerveille de surprendre son regard dans les flots... sans vraiment se
reconnaître ?
Qu’importe ! Moi, Sourire,
j’étais né. Dès lors, je n’aurais plus de cesse de courir d’un visage à l’autre,
de me multiplier, me disséminer, me répandre tant de fois en complicités aussi franches qu'inattendues.
Tant d’autres fois, pourtant, le couteau prêt à frapper en plein cœur la
distraction de l'ennemi se cacherait derrière le masque de ma sincérité.
Je suis depuis toujours le code, le secret qui fait se reconnaître entre
eux les amoureux. Partout, je sèmerai, jusqu'à m'épuiser, la quiétude et la confiance.
Quelquefois, je laisserai entrevoir
la tendresse derrière les reproches d’une mère.
Je me cacherai dans les yeux de qui n’ose se couvrir du doux ridicule de mon apparence, craignant manquer de sérieux...
Je me cacherai dans les yeux de qui n’ose se couvrir du doux ridicule de mon apparence, craignant manquer de sérieux...
Je me glisserai dans
chaque pore de celui ou celle qui m’a reconnu dans le silence de l’autre, pour
qui l’on soupire sans se déclarer.
Jamais je ne cesserai d'habiller le visage qui s'étonne, amusé devant la danse incongrue, bruyante et effrénée du monde.
Je servirai d’étendard aux faces couvertes de boue qui se
relèvent, la tête haute d’avoir su me conserver comme alliés.
J’ai ferai éclater
l’amour dans un rire qui frémit ; je retomberai en guerre jusqu’à ce qu’on accorde une trêve au délire
des obus.
J’étais de tous les pactes et de tous les espoirs, des plus
sacrés aux plus profanes. Ceux que vous avez fièrement défendus, avant de les fouler aux pieds.
Et vous croyez m’avoir vu naître, aujourd’hui, là, sur son
visage. Détrompez-vous. Oh ! Détrompez-vous !!!
J’étais, et serai toujours là, tapi dans l’ombre du
quotidien, prêt à sauter sur le dos d’une joie sans vouloir la dompter.
Je suis le croissant de lune qui illumine vos craintes. Vous
rêvez quelquefois de moi, la nuit. Et seuls les témoins de l’obscurité savent
que je prends refuge sur vos lèvres, quand les tensions s’estompent au creux
berçant de la sérénité.
Je suis en chaque cellule de votre être, cette étincelle de paix
qui respire en sourdine, et qui attend son heure pour se révéler au monde.
Oui, je suis le Sourire. Instant de félicité immémoriale, derrière vos yeux de glace. Que je ferai
fondre en larmes des bonheurs retrouvés.
Vous, qui m’avez si souvent refoulé, pour rester
en contrôle d'un malheur apprivoisé.
Combien plus familier... »
EXERCICE : À
partir d’une réalité de votre choix, pourquoi ne pas imaginer ce que tel
concept (le pouvoir, l’ennui, la persévérance), telle émotion (la peur, la
tristesse, la surprise, l’enthousiasme), tel objet (une boîte à lettres, une
patère, une bague) aurait à nous dire ou se mettrait à faire, si on lui donnait
corps et lui prêtait parole ?
© 2013, Martin
Mercier / Éditions Figura
samedi 29 juin 2013
Le recours aux impressions sensorielles pour s’inspirer
En écriture, l’une des meilleures sources d’inspiration
reste, pour écrire un texte à partir du
thème de son choix, d’avoir recours aux impressions sensorielles rattachées à
nos cinq sens. Celles-ci nous permettront d’accéder à une perception plus
concrète, plus tangible et variée des réalités qu’on désire évoquer ou
représenter.
En particulier, lorsqu’on désire aborder un thème plutôt
abstrait, il convient de se rappeler que cette réalité ou phénomène : la
guerre, l’amour, l’impatience, la joie, n’est souvent pas perceptible
directement. Nous n’avons en général accès, dans la vie de tous les jours, qu’à
leurs manifestations tangibles, qu’aux symptômes rattachés à ces abstractions,
concepts, idées, attitudes ou émotions.
Ainsi, l’impatience ne peut pas être directement observée.
Mais il est possible de percevoir l’occurrence de gestes, mouvements, paroles
et autres manifestations, objets ou signes concrets rattachés à cette réalité
intérieure au personnage. Une voie d’accès efficace à ces traits caractéristiques,
emblématiques de l’état d’esprit qu’on souhaite ici laisser entrevoir, demeure
de se demander : que puis-je voir, entendre, sentir, goûter, toucher de
cette réalité, phénomène, émotion ou attitude ?
Usant de cette approche, on tentera de noter les impressions
sensorielles les plus concrètes possibles qui nous viennent à l’esprit lorsqu’on
se pose ces questions-là.
Revenant à l’idée de représenter l’impatience, par exemple chez un
individu affecté par cet état d’esprit lorsqu’il se rend au travail en auto par
une voie achalandée, nous pourrions notamment observer les symptômes recensés ci-dessous.
Nous pourrions voir :
Cet individu au volant de son auto, coincé dans un bouchon
de circulation, qui tapote nerveusement son volant, change souvent de station
de radio, replace à répétition une mèche de cheveux, regarde frénétiquement autour de lui si la route se dégage, si les
autres véhicules progressent, etc.
Nous pourrions entendre :
Ses soupirs, mais aussi les injures qu’il profère au sujet du
gouvernement "qui n’entretient pas assez bien les routes…" à l’endroit des autres
automobilistes "qui ne savent pas conduire…" à l’égard de telle ou telle personne
"qui lui a fait prendre du retard, ce matin...", etc. Il peut aussi protester que "c’est
toujours comme ça, le vendredi"…
Nous pourrions sentir :
L’odeur de sa transpiration qui remplit l’habitacle du
véhicule, celle de la cigarette que le conducteur vient d’allumer, celle des
vapeurs émises par ce groupe d’autos statiques dont le moteur tourne, etc.
Nous pourrions goûter :
La saveur de menthe du chewing-gum mâchouillé nerveusement
par l’automobiliste. La gorgée de café froid ou de boisson gazeuse
tiède qu’avale de travers ce conducteur indisposé, etc.
Nous pourrions toucher :
Le cuir brûlant du tableau de bord chauffé par le soleil. La
sueur qui dégouline de la tempe du conducteur. La barre de chocolat fondue qui tache
la main pendant qu’on fouille rapidement à la recherche de cigarettes, dans un
coffre à gants rempli de vieux papiers coupants et de tout un bric-à-brac :
clés, tournevis, bouteille miniature de rince bouche, cartes routières aux
coins usés, papiers d’immatriculation dans un étui en vinyle bon marché, etc.
Comme nous l’observons, les manifestations d’impatience que nous trouvons en se posant ces questions se révèlent on ne peut
plus concrètes et faciles à employer pour représenter avec précision ce genre
de situation, dans un texte. Bien entendu, ces symptômes d’impatience pourraient
adopter une forme assez distincte si la situation dépeinte était différente. Quoi qu'il en soit,
cet exercice permet normalement de donner une forme beaucoup plus nette et tangible
à une idée abstraite : ici, le sentiment d’impatience ressenti lorsqu’on est pris
dans un embouteillage, et qu’on est sans doute déjà en retard pour se rendre au
bureau.
Une fois récoltées ces images sensorielles, nous aurons beau
jeu d’employer les plus éloquentes d’entre elles pour dépeindre la situation de
ce personnage : nous avons maintenant en main une matière première féconde
et variée pour écrire sur ce sujet. Les images ainsi rassemblées nous seront fort
utiles, et simplifieront notre effort de rédaction d’une telle scène, puisque ces
différentes impressions sensorielles ont de bonnes chances de stimuler notre inspiration.
En plus, elles risquent fort de rendre plus fluide la rédaction d’un premier jet qui tablerait périodiquement sur ces
idées-là, le employant comme autant de tremplins pour se relancer, plutôt que d’avoir, à la place, à
freiner son élan parce qu'on tente de débusquer ces images sensorielles au
fur et à mesure qu’on écrit.
Soulignons que ces perceptions visuelles, sonores, olfactives, gustatives
et tactiles nous aideront non seulement à offrir un portrait plus éloquent et clair
des circonstances à évoquer ; elles contribueront aussi à faire
visualiser ce contexte au lecteur ou au spectateur avec beaucoup de plus de netteté, et
stimuleront vivement son imagination.
Si l’on considère que les gens à qui s’adresse notre texte
découvrent toujours, comme nous, le monde à travers leurs cinq sens, et qu’on
prend également en considération le fait que les impressions sensorielles demeurent
très liées à la mémoire et à l’émotion, il est évident que ce genre de
stratégie nous permettra d’exercer un impact manifeste sur la sensibilité de
nos lecteurs.
La récolte d’impressions sensorielles « emblématiques »
d’un thème donné présente ainsi pour l’auteur des avantages indéniables. Nous
aurons donc souvent avantage à tabler sur cette technique lorsqu’il est question de décrire
les comportements associés à un état d’esprit donné, dans les indications de
mise en scène d’une pièce ou d’un scénario, de façon à traduire en des termes
visuels l’intériorité du personnage en question. De cette manière, seront
du même coup fournies à l’acteur de nombreuses pistes l'aidant à réaliser une
incarnation tangible, subtile et nuancée de son rôle.
Enfin, il va sans dire que cette approche sera tout
aussi utile lorsqu’on cherche à décrire les désagréments d’un conducteur impatient,
dans le cadre d’une nouvelle ou d’un roman où notre protagoniste se retrouverait
momentanément plongé dans ce genre de situation... à laquelle quiconque peut s’identifier !
© 2013, Martin
Mercier / Éditions Figura
vendredi 28 juin 2013
Le système rhétorique
Plus de 2500 ans se sont écoulés depuis que Corax et Tisias,
auteurs, premiers rhétoriciens et formateurs d’orateurs, ont jeté les bases du
système rhétorique. Aristote s'est avéré l’un des premiers à saisir la portée de
cette approche, reprenant l’essence de leurs écrits et procédant à de nombreux
apports personnels, dans son ouvrage La
Rhétorique.
Au fil des siècles et jusqu’à nos jours, de nombreux créateurs
et théoriciens ont contribué à l’élaboration toujours plus complète de cet « art
de parler pour convaincre ». S'est ainsi constitué un vaste ensemble de notions théoriques éclairantes pour quiconque doit développer un discours, concepts qui constituent à la fois des outils (processus créatifs, techniques d’argumentation, figures de style, etc.) utiles tant à l’orateur qu’à l’auteur,
et offrant une démarche et des mécanismes créatifs bénéfiques aux artistes, en
général.
Quand vient le temps d’aborder l’écriture, on peut tendre à
penser qu’il suffit d’être inspiré, d’avoir quelque chose à dire, et de laisser
courir la plume sur le papier, les mains sur le clavier. On néglige trop
souvent de percevoir la complexité réelle d'un processus d’écriture, la variété des
étapes et opérations qu’il implique. Le système rhétorique possède l’avantage
concret de nous permettre de mieux reconnaître ces divers stades par lesquels nous
passons tous, plus ou moins consciemment, chaque fois qu’un processus d’écriture
est traversé avec succès.
Cette approche considère d’abord l’invention comme la première étape de notre parcours créatif :
celle au cours de laquelle s’effectue la collecte, la recherche d’idées. C’est à ce stade que
se révèlent à nous les thèmes ou images qui constitueront les premiers
balbutiements d’un poème. Les ébauches de personnages, de situations, de répliques
ou d’actions qui s’imposeront comme les éléments dramaturgiques fondamentaux d’une
pièce ou d’un scénario.
Vient ensuite la disposition,
étape au cours de laquelle nous procédons à la sélection et à la mise en ordre
des idées conservées. C’est à ce stade que les meilleures trouvailles surgies
lors de nos explorations précédentes (tempêtes d’idées ? exercices d’écriture
divers ? expériences d’écriture automatique ? recherche documentaire ?) seront
conservées au détriment d’autres idées, moins fécondes ou pertinentes, qui se verront
quant à elles écartées. Les éléments retenus seront ensuite disposés dans un ordre propice à leur enchaînement efficace, c’est-à-dire
possédant une certaine clarté, tout en demeurant imprévisible ou inattendu, dans une certaine mesure.
Sont de la sorte élaborés des plans, des structures qui composeront la colonne
vertébrale de l’œuvre visée.
En s’appuyant sur de tels plans, peut maintenant s’amorcer l’élocution, c’est-à-dire la rédaction de
l’œuvre, à proprement parler. Comme on possède déjà des idées attrayantes, qui
ont été organisées, disposées dans un ordre possédant des qualités narratives
manifestes : il nous reste à donner corps aux vers, aux répliques, aux
indications de mise en scène ou aux descriptions d’action qui verront le texte
dramatique, narratif ou poétique prendre corps, au fur et à mesure que sont
réalisés des premiers jets, ensuite retravaillés un certain nombre de fois.
L’étape suivante du processus est l’action. Au sens rhétorique, cette étape correspond à la mise à l’épreuve
du texte, de son efficacité orale, de sa netteté, de sa fluidité, de
son rythme, de son impact, etc. Le texte est alors prononcé à voix haute, de
manière à ce que puissent être décelés les jeux de sonorités désagréables, les
passages plus nébuleux du récit, le rythme chancelant de certains passages, les
heurts qui subsistent peut-être dans son enchaînement, etc. Le texte se voit ensuite
retravaillé de manière à solutionner ces problèmes, à combler les lacunes
observées.
Le fait de prendre ainsi conscience des étapes composant un
processus d’écriture est précieux pour tout auteur, car cela lui permet de se
situer, de déceler en tout temps à quel stade du développement de son œuvre il
se trouve parvenu, actuellement. Cette vision globale des phases et dimensions de son parcours créatif
lui permet également d’accorder le temps nécessaire à chacune des étapes
fondamentales qui composent une démarche d’écriture structurée.
Il peut ainsi découper son travail d'écriture en tâches plus succinctes, plus "maniables" et faciles à compléter, sur lesquelles il peut chaque fois se concentrer à fond en vue d'obtenir de meilleurs résultats. Cela, au lieu de courir le risque
de rencontrer divers types de blocages, qui surgissent vite lorsqu'on tente de résoudre simultanément une part trop importante des difficultés que le
développement d’un texte d’une certaine longueur et complexité peut poser.
Pas surprenant, de fait, que l'auteur débutant rencontre généralement de graves écueils lorsqu'il essaie, sans préparation adéquate ni défrichement préalable, de rédiger le premier jet d'une pièce en imaginant au fur et à mesure les actions et répliques des personnages... en même temps qu'il invente l'histoire dans laquelle s'inscrivent ces protagonistes, et qu'il imagine à brûle-pourpoint des situations dramatiques qu'il n'a pas pris la peine d'esquisser d'avance !
En de tels cas, il va sans dire que même si l'auteur persévère suffisamment pour finir par voir aboutir son texte, celui-ci s'avérera en général plus ardu à rédiger, et comportera souvent des failles dramaturgiques importantes, qui exigeront de le retravailler longuement, et beaucoup plus à fond que si avaient eu lieu au préalable certaines étapes, combien nécessaires et avantageuses, d'invention et de disposition.
En contrepartie, suivant les étapes du système rhétorique, l’auteur est à même de déployer ses efforts créatifs de
façon concrète et productive, tout en acceptant avec patience que le début de son parcours
consistera surtout à effectuer de la recherche d’idées, des lectures l’aidant à
mieux connaître son sujet, et de la prise de notes en vue de dégager une certaine
matière première féconde.
Il sait qu'ensuite le fruit de cette phase d’invention devra être
l’objet d’une sélection (il y a toujours des pertes, dans un processus créatif)
et d’une mise en ordre des trouvailles les plus pertinentes à conserver. Que la rédaction, pour s'avérer productive, ne gagnera à s’amorcer qu'une fois seulement complétées ces étapes préliminaires. Mais que l’auteur sera
alors propulsé par une vision nette du texte à écrire, de l’histoire à raconter et de tout ce qu'elle comprend (personnages, conflits, etc.).
L’inspiration a de bonne chances, alors, d’être non seulement au rendez-vous, mais de se trouver
stimulée, voire catalysée par le fait qu’on ait en main des idées et une
structure propres à lui servir de tremplin, lors de la rédaction.
Enfin, le fait de savoir qu'une fois rédigé on gagne à mettre le texte à l’épreuve, à tester son efficacité orale, nous ramène aux origines de l’écriture (apparue initialement comme un système de notation de la parole), et nous rappelle que le texte qui
se dit bien, qui se comprend aisément à voix haute et qui sait capter puis maintenir l’attention
de l’auditeur est aussi de lecture fluide, claire et attrayante, par écrit.
C’est en m’appuyant sur ce système que j’ai élaboré, au fil des
ans, une méthode d’écriture comprenant une grande variété d’outils et d’exercices
de prospection dramaturgique (invention, recherche d’idées), de conception dramaturgique (disposition visant à faire apparaître
des personnages et situations bien structurés, au riche potentiel), d’architecture dramaturgique (disposition visant à élaborer des
intrigues, cheminements de personnages et récits), et de traitement
dramaturgique (approches d’élocution
et d’action facilitant la rédaction
de premiers jets, et tablant sur une variété de principes rhétoriques et
stylistiques rendant plus simple leur enrichissement, leur correction, leur assemblage.)
Pour en savoir plus sur cette technique d’écriture que j’enseigne
depuis plus de 10 ans au Centre de création scénique, dans le cadre des
formations maintenant intitulées Écrire pour la scène et l’écran
et Le Savoir-faire de l’auteur,
consultez notre site Internet : www.creationscenique.org
© 2013, Martin
Mercier / Éditions Figura
lundi 24 juin 2013
Raison d'écrire 1
Pourquoi écrire
Aujourd’hui ?
Parce que j’en avais déjà envie
Hier
Et qu’attendre
À demain
Revenait à bâillonner
Un jour de plus
Ce que l’inspiration
Allait me souffler
À l’oreille
Une fois que j’aurais l’esprit
Vierge
De m’être enfin
Exprimé…
Aujourd’hui ?
Parce que j’en avais déjà envie
Hier
Et qu’attendre
À demain
Revenait à bâillonner
Un jour de plus
Ce que l’inspiration
Allait me souffler
À l’oreille
Une fois que j’aurais l’esprit
Vierge
De m’être enfin
Exprimé…
© 2013, Martin
Mercier / Éditions Figura
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